Juliette Dignat, conservateur-restaurateur du patrimoine - La Forge
L'art subtil de créer son activité sans créer sa boîte.
CAE, Coopérative d'activité et d'emploi, Yvelines, Ile-de-France, portage salarial, accompagnement, création de projet
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Juliette Dignat, conservateur-restaurateur du patrimoine

Mon métier

Le conservateur-restaurateur est plus souvent connu pour ses interventions dans les églises ou les archives mais ce métier recouvre de nombreuses spécialités. Ainsi, après avoir effectué des stages au cours desquels j’ai pu aborder diverses époques et matériaux, j’ai suivi mon intérêt pour les objet modernes et contemporains. Ces créations impliquent parfois des matériaux et des mises en œuvre qui n’ont pas été pensés pour durer, j’ai par exemple été confrontée à des aliments mais aussi des animaux conservés dans une résine.

De façon générale, la conservation-restauration du patrimoine est un métier aux confins de l’histoire de l’art et des sciences qui demande également une certaine habileté manuelle. Cette discipline théorisée assez récemment est régie par des principes déontologiques reconnus au niveau international, dans le but de préserver l’intégrité du patrimoine.

Il s’agit d’assurer la stabilité des matériaux et d’améliorer la lisibilité des objets pour les transmettre aux générations futures. En effet, les interventions peuvent aussi bien concerner des collections particulières que du patrimoine national sur lequel nous sommes habilités à intervenir grâce à quatre formations reconnues en France. Pour ma part, il s’agit d’un master obtenu à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

L’enjeu de notre approche est de comprendre les mécanismes de dégradation et les contradictions qu’ils représentent vis à vis de la signification de l’objet. Différentes valeurs (culturelles, historiques, esthétiques, artistiques) sont au centre de nos décisions et nos choix reposent sur des sources (documentation, examens et analyses) le plus souvent obtenues grâce à un travail avec d’autres spécialistes.

Les solutions peuvent prendre plusieurs formes, directes ou indirectes. Il peut s’agir de la réalisation de conditionnement, de nettoyage, consolidation, comblement de lacunes : chaque décision est discutée, documentée et justifiée.

Dans le cas des productions contemporaines, la multiplicité des matériaux, parfois réunis dans des œuvres dites composites, nécessite souvent la collaboration entre différents conservateurs-restaurateurs mais aussi avec des laboratoires de recherche. Les interactions avec les artistes ou les producteurs eux-mêmes sont parfois possibles et donnent un autre relief à ce métier.

Pourquoi La Forge ?

Engagée dans des projets locaux et collectifs depuis longtemps, au moment d’entrer dans la vie professionnelle, j’ai cherché un modèle politique et économique en accord avec ces valeurs. Mon métier étant le plus souvent exercé par des indépendants en profession libérale, le système coopératif et notamment la CAE s’est avéré intéressant.

La naissance de La Forge dans mon département constituait alors une belle opportunité. En effet, je voulais éviter de créer et gérer une nouvelle entreprise afin de pouvoir me concentrer sur mon métier mais aussi évoluer au sein d’un groupe, source d’émulation et d’ enrichissement.

Comment es-tu entrée ?

L’entrée à La Forge a été précipitée par une opportunité de chantier, la réactivité de Laurent, notre gérant a été la clef pour me permettre de commencer à travailler dans de bonnes conditions. Une première rencontre durant l’été 2015, au cours de laquelle nous avons étudié mon projet et son adéquation avec le format CAE, a rapidement été suivie d’une convention d’accompagnement qui m’a permis de travailler dès septembre 2015.

Cet accompagnement n’est pas un vain mot, il est réel, tant d’un point de vue collectif avec une offre de formations et ateliers, que d’un point de vue individuel avec de nombreux échanges, des réponses toujours ouvertes : si Laurent ne sait pas, il se renseigne et revient très vite avec une solution, souvent grâce à l’appui d’une autre CAE ou du réseau Coopérer pour Entreprendre.

En tous cas, la structure est toujours pour moi un support, un moteur, une assurance dans des situations où j’ai besoin d’un coup de pouce pour passer à l’étape suivante.

Les compétences des forgeron (-ne) s aussi sont mises à contribution et la notion de partage prend tout son sens! Pour l’instant, je n’ai pas encore trouvé l’occasion de mettre mon activité à profit pour notre groupe mais les choses évoluent constamment avec l’arrivée de nouveaux projets et de petits noyaux se forment dans un dynamisme communicatif.

Comment ça se passe ?

Il est particulièrement appréciable de pouvoir distinguer les questions liées à mon activité de celles liées à sa gestion. Ainsi, au sein de mon réseau professionnel, le collectif existe aussi, par le biais de notre fédération (le FFCR), d’associations, d’équipes réunies pour des chantiers, des marchés publics. C’est grâce à ce tissu que j’ai débuté mon activité, d’abord en sous-traitance et maintenant avec mon premier chantier d’envergure, toujours en collaboration avec une ancienne maître de stage.

Cette évolution de mon activité s’accompagne d’une avancée au sein de l’entreprise avec laquelle j’ai signé un contrat d’entrepreneur-salariée en CDI depuis le mois de novembre 2015.

Par ailleurs, les membres de La Forge, évoluant chacun dans des domaines et à des rythmes différents, rencontrent les mêmes doutes, les mêmes obstacles, les mêmes aspirations et il est bon de pouvoir échanger à propos de ces sujets. Le collectif existe donc, il va même se renforcer avec prochainement de nouveaux entrepreneurs associés, favorisant une plus grande horizontalité dans notre organisation.

L’implication de chacun varie, il y a des temps où nos projets personnels prennent le dessus et d’autres où nous sommes plus disponibles pour la mise en commun, le fonctionnement est évolutif, selon nos rencontres, l’actualité, nos envies.

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